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La Vrai religion de Jésus, ce que dit vraiment la Bible. Venez cathos, protestants, évangélistes... Catégorie : Blog Religion Date de création :
08.03.2008 Dernière mise à jour :
19.07.2008
JE SUIS né en Sicile en 1932. Peu après la Seconde Guerre mondiale j’ai assisté à un service religieux pentecôtiste dans une maison privée. Le pasteur, un homme d’âge moyen, commença son sermon en priant d’une voix très forte. Cela m’a surpris, mais je suis resté.
Pendant le sermon, je l’ai interrompu à plusieurs reprises pour lui demander des preuves de l’existence de Dieu. Il me montra la Bible comme preuve et m’en donna un exemplaire. J’ai commencé à la lire à raison de sept chapitres par jour environ. Cependant, je me suis vite rendu compte que je ne comprenais pas grand-chose à ce que je lisais. J’ai donc décidé de me tourner vers l’Église pentecôtiste.
Mon passé religieux
Depuis mon plus jeune âge je m’intéressais à la religion, comme mes parents du reste. Ainsi que beaucoup de Siciliens, ils étaient catholiques et très zélés.
Néanmoins, à mesure que je grandissais je réalisais que l’Église catholique ne satisfaisait pas mes besoins spirituels. Je ne pouvais comprendre, par exemple, pourquoi les prêtres portaient des vêtements spéciaux, pourquoi ils s’occupaient des affaires privées des gens dans le confessionnal ou pourquoi il y avait autant d’idoles dans une église que dans un temple païen. Comme je n’ai pas reçu de réponse satisfaisante à ces questions, mon intérêt pour l’Église catholique diminua.
En ces jours d’avant la guerre, un prêtre à qui nous réservions le fruit de notre vigne venait souvent à la maison. Il prétendait que le fascisme était la meilleure forme de gouvernement pour l’Italie, parce qu’il défendait les intérêts de l’Église catholique. Toutefois, à la fin de la guerre, l’Église perdit bon nombre de ses ouailles parce qu’elle s’était rangée du côté du fascisme. Les gens étaient également dégoûtés de voir qu’elle soutenait les riches aux dépens des pauvres.
C’est pourquoi, après la guerre, beaucoup de personnes devinrent athées, et j’avais également tendance à le devenir. Je considérais les services religieux comme un moyen de rencontrer mes amis. Néanmoins, j’étais spirituellement affamé.
Ma vie en tant que pentecôtiste
C’est le besoin spirituel qui me poussa à m’intéresser à la Bible. J’ai donc fréquenté l’Église pentecôtiste.
Les services religieux semblaient viser au sensationnel. Le pasteur commençait par dire une prière, les yeux fermés et les bras tendus vers le ciel. Puis il invitait l’assistance à chanter un cantique avec lui. Après cela, il donnait la parole à plusieurs personnes pour qu’elles “témoignent”. Autrement dit, elles relataient les difficultés qu’elles avaient rencontrées avant de devenir pentecôtistes et disaient ce qu’était leur vie à présent.
Cela était généralement suivi par un sermon basé sur un verset de la Bible. J’étais incapable de comprendre ce que disait le pasteur, mais je pensais que c’était à cause de mes connaissances bibliques limitées. Après son sermon, le pasteur se déplaçait parmi les assistants et, posant ses mains sur eux, il s’écriait : “Criez, criez fort ! Le Seigneur est près de nous !” Alors les gens criaient : “Alléluia ! Seigneur, écoute-nous !”, ou d’autres expressions semblables.
En 1950, je me suis fait baptiser et suis devenu membre de l’Église pentecôtiste. Je pensais que Dieu m’avait appelé et, pour cette raison, j’ai opéré de nombreux changements dans ma vie. J’ai cessé de fumer et d’aller au cinéma et au bal. Je n’écoutais plus non plus la radio, parce que l’Église à laquelle j’appartenais estimait que ce n’était pas convenable pour un chrétien.
Les gens de la petite ville de Saint-Cataldo, dans la province sicilienne de Caltanissetta, étaient stupéfaits de me voir ainsi transformé. Je parlais à tout le monde de ma nouvelle foi, exhortant chacun à venir à nous pour être sauvé et éviter les flammes de l’enfer. Beaucoup m’ont écouté et sont devenus pentecôtistes.
À l’occasion de la visite d’un éminent pasteur américain, on me nomma directeur de l’école du dimanche. Je devais présider les réunions de la congrégation pentecôtiste au cours desquelles on étudiait un bulletin appelé “L’école du dimanche”. À cause de mon zèle exceptionnel, en juin 1952, je fus nommé pasteur, bien que je ne sois pas passé par une école théologique. Pendant les quatre années suivantes, j’ai servi dans les églises pentecôtistes de Caltanissetta et de la province du même nom.
Le don des langues
Bien que content des progrès que j’avais faits, j’étais déçu de ne pas posséder des dons spéciaux que l’Église pentecôtiste considère comme des manifestations de l’esprit de Dieu, par exemple le don des langues. Mais un jour, mon désir a été réalisé.
Tandis que je présidais un service religieux et la prière, une voix me dit de poser mes mains sur une certaine femme de la congrégation. Tout en gardant les yeux fermés, j’ai trouvé la femme dans l’assistance et j’ai posé mes mains sur elle. Il y eut immédiatement un grand bruit et elle se mit, avec moi, à parler en langues. Pour celui qui parle, cela signifie prononcer des mots indépendamment de sa volonté. Cette expérience me remplit de joie.
Cependant, je n’étais toujours pas capable de comprendre la Bible et cela me tourmentait beaucoup. On me dit que seuls ceux qui avaient le don de l’interprétation pouvaient comprendre la Bible. Cette explication m’a quelque peu satisfait. J’étais reconnaissant d’avoir reçu au moins le don des langues.
Après quelques mois, j’ai acquis la certitude que quelque chose clochait à propos de ce prétendu “don”. J’ai commencé à avoir de terribles cauchemars. J’avais l’impression d’être paralysé et en même temps je voyais de tous côtés des formes noires qui me tenaient. Je me demandais si ces attaques des esprits mauvais n’avaient pas une relation avec le “don” que j’avais reçu. Mes soupçons se confirmèrent quand un pasteur, qui possédait le don d’interpréter, ordonna à une personne qui avait le don des langues de s’arrêter de parler, car ce qu’elle disait était honteux et ne pouvait être répété.
Mes recherches sont récompensées
J’étais déterminé à trouver une explication à ces choses. Je me suis adressé à l’Église Apostolique et à l’Église Baptiste, mais sans résultats. Quand j’ai entendu parler d’un couple de Témoins de Jéhovah, prédicateurs à plein temps à Caltanissetta, je suis allé les voir.
Je leur ai posé de nombreuses questions, auxquelles ils ont répondu en se servant de la Bible. Leur connaissance des Écritures me stupéfiait. J’ai accepté d’étudier la Bible avec eux, gratuitement. Avec le temps, j’ai finalement appris la vérité concernant le don des langues.
La Bible montre clairement que le Dieu Tout-Puissant a accordé aux premiers chrétiens le don de parler des langues qu’ils n’avaient jamais apprises. Dans l’enfance de la congrégation chrétienne, ce don aidait les disciples, peu nombreux, à instruire les étrangers sur “les choses magnifiques de Dieu”. (Actes 2:5-11.) En outre, le don des langues était une preuve visible que la nouvelle congrégation chrétienne avait l’approbation de Dieu (I Cor. 14:22). Mais la congrégation une fois adulte, le don des langues allait-il demeurer ?
Non ! J’ai appris que ce don était temporaire, de même que les dons de prophétie et de connaissance spéciale. La Bible dit : “L’amour ne passe jamais. Or, qu’il y ait des dons de prophétie, ils seront abolis ; qu’il y ait des langues, elles cesseront ; qu’il y ait de la connaissance, elle sera abolie.” Ces dons spéciaux étaient un trait qui caractérisait le christianisme dans son enfance. Mais quand celui-ci est devenu adulte, ces traits devaient disparaître, comme le montre la Bible. — I Cor. 13:8-11.
J’en suis arrivé à comprendre que le don que je croyais avoir reçu de Dieu venait en réalité de Satan et de ses forces spirituelles mauvaises. La Bible nous avertit que “Satan lui-même se transforme continuellement en ange de lumière” et nous trompe “avec des signes et des présages mensongers”. — II Cor. 11:14 ; II Thess. 2:9, 10.
Comme je suis heureux d’avoir compris ces choses ! Ce qui m’a surtout procuré de la joie et de la satisfaction, c’est de savoir que Dieu va établir un gouvernement juste sur toute la terre, pour le bien de ceux qui le servent avec l’esprit et la vérité. La Bible promet que bientôt, sous la domination de son Royaume, “Dieu lui-même sera avec [les hommes]. Et il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; ni deuil, ni cri, ni douleur ne seront plus”. — Rév. 21:3, 4.
Un autre genre de prédicateur
Cela fait quinze ans maintenant que je me suis voué au vrai Dieu Jéhovah et que j’ai symbolisé l’offrande de ma personne à Dieu par le baptême dans l’eau. Depuis lors, mon but principal dans la vie est de participer à l’accomplissement de la prophétie suivante du Fils de Dieu, Jésus Christ : “Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée par toute la terre habitée, en témoignage pour toutes les nations ; et alors viendra la fin [du présent système de choses].” — Mat. 24:14.
Dans ma ville natale de Saint-Cataldo, où j’avais servi comme pasteur pentecôtiste, j’ai eu la joie d’aider beaucoup de gens à apprendre la vérité et à participer à la proclamation de la bonne nouvelle. À présent, j’habite avec ma famille à Turin, dans le nord de l’Italie, et j’ai le bonheur de voir les trois aînés de mes sept fils se joindre à moi pour annoncer aux autres habitants de cette ville que le seul espoir de paix et de bonheur est le Royaume de Dieu.
Avec tous les serviteurs de Dieu du monde entier, nous nous réjouissons à l’avance de voir bientôt la réalisation complète de la prophétie qui dit : “Dans les jours de ces rois-là, le Dieu du ciel établira un royaume qui ne sera jamais supprimé. Et ce royaume ne passera à aucun autre peuple. Il écrasera et mettra fin à tous ces royaumes, et lui-même subsistera jusqu’à des temps indéfinis.” (Dan. 2:44).
JE ME souviens du premier miracle dont j’ai été témoin. J’avais six ans et demi. Ma mère et moi assistions à une réunion pentecôtiste tenue dans un foyer. Tandis qu’il chantait, le prédicateur a reçu un esprit, comme cela se produit d’ordinaire chez les pentecôtistes quand ils se livrent à leurs chants. Nous étions en hiver, et il y avait un gros poêle au milieu de la pièce. Tout en continuant de chanter et en poussant de petits cris, le prédicateur a plongé les mains dans le poêle. Il a pris de ses deux mains un gros charbon incandescent et a fait le tour de l’assistance en poussant de petits cris et en chantant. Pendant ce temps, les autres chantaient, criaient et dansaient autour de lui. Après la réunion, chacun a regardé ses mains pour voir si elles avaient été brûlées. Elles ne portaient aucune trace!
Ce n’est là qu’un seul des miracles qui eurent lieu dans cette église pentecôtiste du Kentucky (aux États-Unis), que ma mère fréquentait. Ses membres croyaient à la réalisation du chapitre 16 de Marc, à partir du verset 17, qui mentionne le don des langues, la guérison des malades ainsi que la possibilité de saisir des serpents et de boire du poison. (Ces versets sont apocryphes, car ils ne figurent pas dans les plus anciens manuscrits de la Bible.) Les différents groupes pentecôtistes n’y croient pas tous. Mais quand on est témoin de tels prodiges, on est amené à penser que l’Église qui les accomplit bénéficie nécessairement du soutien de Dieu.
Nous nous sommes ensuite installés dans l’État de l’Indiana. J’ai été baptisée en 1953, à l’âge de 12 ans. J’ai appris à jouer de la guitare pour accompagner les chanteurs lors des réunions. Je pensais que cela faisait partie de mon service pour Dieu, car c’est en chantant que les pentecôtistes “reçoivent l’esprit”. Sous l’influence de “l’esprit”, j’ai parlé en langues; je ne comprenais pas ce que je disais, mais j’éprouvais une agréable sensation.
Personnellement, je n’ai jamais tenu de serpent, mais je me rappelle qu’un week-end, dans l’église du Kentucky où je me rendais habituellement, un prédicateur de passage a reçu un esprit et a sorti un gros serpent à sonnettes d’une boîte qu’il avait amenée. Tout en poussant des cris, il l’a fait tournoyer autour de sa main. J’étais sur scène avec le chœur, juste derrière lui, et j’ai vu du sang couler entre ses doigts. Puis le prédicateur que j’avais vu prendre dans ses mains un charbon incandescent des années auparavant a reçu l’esprit. Il s’est approché et lui a retiré des mains le serpent, qu’il a remis dans sa boîte. L’homme avait été mordu, mais il n’a ressenti aucun trouble. Je sais pourtant que trois personnes de ma connaissance, dont mon beau-père, sont mortes à la suite d’une morsure de serpent.
À 19 ans, j’ai épousé un jeune homme qui était soi-disant sauvé. Mais il n’avait pas une foi solide. Un jour, je l’ai vu tenir des serpents, et pourtant il n’avait pas reçu le même esprit que moi. Il est resté pentecôtiste pendant un certain temps; ensuite il s’est retiré, a commencé à fumer et à faire d’autres choses que nous désapprouvions. Toutefois, cette histoire d’esprits me préoccupait. Quand les pentecôtistes “recevaient l’esprit”, ils recevaient en réalité différents esprits. Certains esprits étaient plus forts que d’autres, et il y en avait qui ne s’entendaient pas ou même qui se disputaient violemment.
Je n’ai jamais pu comprendre cette situation. Je me demandais pourquoi il y avait tant d’esprits différents. J’avais beau être pentecôtiste, je priais souvent Dieu ainsi: “Je crois que cette religion est la seule qui soit bonne. Mais si je ne te sers pas d’une manière qui te plaise, je veux le savoir. Si je ne suis pas dans la vraie religion, montre-moi, s’il te plaît, laquelle est la bonne.” J’ai répété cette prière à maintes reprises.
C’est durant mon premier mariage que j’ai lu pour la première fois les périodiques La Tour de Garde et Réveillez-vous! Nous avions emménagé à Cincinnati en 1962, et c’est là que les Témoins de Jéhovah nous ont rendu visite. Mon mari aimait parler avec eux, moi non. Je restais dans la cuisine quand ils venaient. Mon mari s’est abonné aux périodiques, mais ne les a jamais lus. Moi si. Je savais que je n’aurais pas dû, et j’avais mauvaise conscience quand je le faisais, mais je ne pouvais m’empêcher de lire tout ce qui se trouvait à portée de main. Il m’arrivait même de jeter les périodiques à la poubelle et de les reprendre plus tard pour les lire.
Grâce à La Tour de Garde et à Réveillez-vous!, j’ai appris que la terre subsistera à jamais. Elle sera transformée en un paradis qu’habiteront des personnes justes. C’est la chose la plus étonnante que j’aie jamais lue! Cela heurtait mes opinions, parce que les pentecôtistes ne considèrent pas ainsi l’avenir de la terre. Je me revois lisant un article sur ce Paradis éternel et me disant: ‘Ce n’est pas vrai!’ Mais j’aimais ce genre de lecture. Je n’ai pas tardé à être en proie à un conflit intérieur, et j’ai prié pour trouver la solution. Finalement, j’ai demandé à mon mari de ne plus prendre les périodiques, ce qu’il a fait.
Mon mari s’est ensuite mis à me tromper, ce qui nous a conduits à divorcer après sept ans de mariage. Avec mes deux fils je suis allée habiter chez Olene, une amie de longue date qui avait épousé mon oncle. Elle chantait très bien, et nous allions ensemble aux réunions pentecôtistes dans différentes églises pour nous joindre au chœur. Olene était aussi la fille du prédicateur qui avait pris dans ses mains un charbon incandescent.
J’ai été guérie à deux reprises. La première fois, je faisais une hémorragie à la suite d’une fausse couche. Malgré tout, je suis allée à la réunion pentecôtiste. J’étais si faible que je craignais de ne pouvoir rester. Olene et son père ont alors commencé à chanter. Une fois qu’ils ont “reçu l’esprit”, ils se sont pris par les épaules, se sont approchés de moi et m’ont imposé les mains. J’ai immédiatement sombré dans l’inconscience. Quand je suis revenue à moi, je me sentais bien: l’hémorragie avait cessé.
La deuxième fois, j’avais une maladie des gencives. Je portais une prothèse dentaire depuis l’âge de 15 ans. Mais des années plus tard, ma bouche a commencé à enfler sous mon dentier supérieur. Je suis restée environ trois mois dans l’incapacité de le porter. Je ne pouvais absorber que du liquide. Désespérée, je suis allée chez un médecin. Il a examiné ma bouche et m’a dit: “Je ne peux rien faire pour vous; il faut que vous consultiez un chirurgien dentiste.” Il m’a expliqué que j’étais atteinte d’une maladie qu’on appelle le papillome et m’a recommandé un dentiste.
Je ne suis jamais allée le voir. Olene et moi nous sommes rendues à la réunion pentecôtiste. Plus tard dans la soirée, tandis que je chantais et que j’étais très imprégnée de “l’esprit”, Olene m’a imposé les mains, et je me suis effondrée, évanouie. Une fois revenue à moi, j’ai craché des morceaux d’une substance qui ressemblait à de la viande séchée, mâchonnée. Lorsque je suis rentrée à la maison, j’ai pu remettre mon dentier. Depuis lors, je n’ai plus jamais souffert des gencives.
Olene lisait beaucoup la Bible. Peu de temps après mon arrivée chez elle, elle m’a appelée de la pièce où elle se trouvait; elle voulait me poser une question. Elle venait de lire Ecclésiaste 1:4, qui dit: “Une génération s’en va, et une génération vient; mais la terre subsiste pour des temps indéfinis.” Elle m’a alors demandé: “Je voudrais que tu m’expliques ce verset. Nous ne croyons pas à cette promesse; alors qu’est-ce que cela signifie?” J’étais irritée.
“Pourquoi donc es-tu si irritée? a-t-elle poursuivi. C’est un verset de la Bible, et nous devons savoir ce qu’il veut dire.” Je lui ai donc expliqué: “J’ai appris des choses à ce sujet dans La Tour de Garde et Réveillez-vous!, mais je ne voulais pas que tu saches que j’avais lu ces périodiques publiés par les Témoins de Jéhovah.” Elle a décidé de se mettre sur-le-champ à la recherche des Témoins.
“Ne t’inquiète pas, lui ai-je déclaré. Si nous demeurons ici assez longtemps, ils frapperont à notre porte. Ils finiront bien par te trouver.” Deux semaines plus tard, quand je suis rentrée du travail, Olene m’attendait à la porte avec un grand sourire. “Devine qui est venu aujourd’hui?” Je n’en avais pas la moindre idée. “Les Témoins de Jéhovah! J’ai accepté une étude de la Bible pour nous deux!” J’étais abasourdie. Je ne voulais pas étudier avec les Témoins. J’avais peur d’eux.
Mais nous avons commencé à étudier la Bible avec eux. Ils nous ont invitées à assister aux réunions. Olene n’aimait pas y aller, moi si. Mon fils cadet avait près de trois ans à l’époque, et je l’emmenais avec moi à la Salle du Royaume. Lorsque nous avons terminé l’examen du livre Vérité, Olene et moi avions compris que l’Église pentecôtiste est dans l’erreur. Malgré tout, comme Olene a cessé d’étudier, j’ai fait de même.
Cela se passait en 1972. En 1974, Olene m’a appelée au téléphone — nous n’habitions plus ensemble à ce moment-là. Elle m’a demandé si je voulais bien épouser son père, l’homme que j’avais vu prendre un charbon incandescent dans ses mains quand j’avais six ans et demi. Cela faisait sept ans que j’avais divorcé, et j’ai épousé le père d’Olene en janvier 1975.
Il vivait dans le Kentucky, près de l’église pentecôtiste où j’allais lorsque j’étais enfant. Au moment de l’épouser, je lui ai dit que je ne retournerais jamais chez les pentecôtistes, et que si je devais m’engager de nouveau dans une religion, ce serait pour devenir Témoin de Jéhovah. Il était d’accord. Mais après quelques mois de mariage seulement, il a voulu m’emmener à une réunion pentecôtiste. Je m’y suis rendue une fois. Je n’ai pas pu rester jusqu’à la fin. Je ressentais partout la présence des démons.
J’avais en effet appris que Satan, ses démons et ses ministres terrestres peuvent accomplir des miracles, et que les chrétiens doivent combattre les forces démoniaques qui sont dans les lieux célestes (Exode 7:11, 22; 8:7, 18, 19; 2 Corinthiens 11:13-15; Éphésiens 6:11, 12). J’avais également découvert que les dons miraculeux accordés aux premiers chrétiens avaient pour but d’affermir la congrégation primitive dans ses débuts, mais qu’ensuite, avec la mort des apôtres, ces dons devaient disparaître. Au sujet du don des langues par exemple, il est écrit: “Qu’il y ait des langues, elles cesseront.” Ce sont l’amour, la foi et l’espérance qui soutiennent maintenant la congrégation chrétienne solidement établie. — 1 Corinthiens 13:8-13.
Mon mari a essayé de me faire revenir chez les pentecôtistes; il voulait que je chante avec lui et que je joue de la guitare. Au lieu de cela, j’ai recommencé à aller à la Salle du Royaume. Lorsqu’il rentrait d’un week-end qu’il avait passé à prêcher dans des églises pentecôtistes, il exhibait son portefeuille plein de billets, le résultat des collectes organisées par les fidèles à son intention. Il riait à la pensée que les gens lui donnaient tout cet argent alors qu’il n’avait rien fait pour le mériter.
Par la suite, mon fils cadet m’a accompagnée aux réunions et est devenu un Témoin actif. Mon mari était furieux quand nous rentrions tard des réunions. Un soir que nous sommes revenus à la maison vers 22 heures, nous avons trouvé porte close et nous avons dû passer la nuit dans la voiture. Cela s’est reproduit plusieurs fois. Il avait un fusil dans son automobile, et s’il me trouvait en train de lire ou d’étudier la Bible, il tirait quatre ou cinq coups de feu sous ma chaise. Lorsque j’emportais des bouteilles dans la cour, il tirait dedans. Son but n’était pas de me tuer, mais de me mettre en colère. Cependant, comme je priais Jéhovah et restais calme, c’est lui qui se mettait en colère.
Un jour, j’étais prête à partir pour la réunion quand il m’a demandé: “Vas-tu vraiment devenir Témoin de Jéhovah? Vas-tu vraiment traîner dans les rues pour prêcher?” Je lui ai répondu: “Oui, c’est ce que je vais faire.” “Bien, a-t-il dit, dans ce cas je te donne deux semaines pour partir d’ici.” Mon fils et moi sommes donc partis. Nous avons emménagé dans une petite maison qui n’avait pas été habitée depuis des années et où il n’y avait pas l’eau courante. Nous avions très peu de meubles et nous étions sans le sou.
Mais c’était si agréable d’être enfin libre d’aller aux réunions sans craindre de se retrouver à la porte au retour ou de se faire tirer dessus. Quelle joie de pouvoir servir Jéhovah en prêchant de porte en porte (Actes 20:20)! Quand je rencontre des pentecôtistes, je sens souvent la présence des démons. Alors j’adresse cette prière à Jéhovah: “Je sais que tu es plus fort que les démons. Je sais que tu as le pouvoir de m’aider, et j’ai besoin de ton aide. J’ai besoin de ton esprit saint pour affronter cette situation.” Et Jéhovah m’accorde toujours son soutien.
J’ai été baptisée en septembre 1976, mon fils en juillet 1977. Ma sœur est devenue Témoin elle aussi. Quant à ma mère, elle étudie la Bible et elle a commencé à prêcher de porte en porte. Je reçois donc de nombreux encouragements de la part de ma famille, et une grande aide de Jéhovah et de son peuple. Jéhovah a été si patient avec moi. Puisse-t-il être aussi longanime envers les millions d’autres personnes que ‘la bonté de Dieu veut mener à la repentance’! (Romains 2:4.) — Par Ireta Clemons.
LA SITUATION religieuse en Colombie a connu quelques changements très importants ces dernières années. La grande majorité de mes concitoyens se disent toujours catholiques, mais rares sont ceux qu’on pourrait qualifier de catholiques fervents. Au cours des dernières décennies, beaucoup sont passés à d’autres religions, y compris à des groupements protestants fondamentalistes qui mettent l’accent sur le salut personnel.
Jusqu’à l’âge de dix-huit ans, j’ai été un fervent catholique. J’allais à la messe chaque jour, je me confessais et je communiais deux ou trois fois par semaine. Je participais aussi aux campagnes de l’Église comme la Croisade du Sacré-Cœur de Jésus. Dans ma ville natale d’Armenia, les membres de ma famille étaient devenus des amis intimes des prêtres.
En 1945, un couple âgé d’adeptes de l’Église évangélique se présenta à notre porte en quête d’un endroit où passer la nuit. Ils avaient une Bible ; c’était la première fois que nous en voyions une. Ma mère s’y intéressa tellement qu’elle tint les visiteurs éveillés presque jusqu’à l’aube. Elle s’est vite rendu compte que ce que l’Église enseignait n’était pas en complète harmonie avec la Parole de Dieu. Bientôt, elle devint elle-même évangélique. Peu après, mon père et le reste de la famille examinaient la Bible avec elle.
Nous n’imaginions pas les ennuis que pouvait s’attirer un catholique qui quittait l’Église dans une localité dominée par celle-ci. Nos anciens amis devinrent des ennemis fanatiques. Quand mon jeune frère mourut, le prêtre refusa de l’enterrer dans le cimetière de l’église. Comme il n’y en avait pas d’autre, nous avons dû l’enterrer dans notre jardin.
Un an plus tard, quand ma mère mourut, nous nous sommes trouvés devant le même problème. “Cette femme qui a étudié la Bible, dit le prêtre en chaire, ne mérite pas d’être enterrée en terre sainte. N’importe quel coin d’une plantation de café fera l’affaire.” Cet incident n’était pas fait pour me rapprocher de l’Église de mon enfance. En désespoir de cause, mon père s’adressa au fossoyeur qui accepta d’ouvrir le cimetière à 3 heures du matin. Ma mère a donc été enterrée avant l’aube, à l’insu du prêtre.
C’est en 1948 que je suis entré pour la dernière fois dans une église catholique, afin d’assister à la messe. C’était à l’occasion d’une visite à des parents de Santa Rosa de Cabal. Au cours du sermon, le prêtre s’éleva contre un certain journal qui avait imprimé quelque chose d’offensant pour l’Église. “Quiconque achète ce journal, fulminait le prêtre, ira brûler en enfer tout comme un libéral.” Ce commentaire sur les libéraux n’était pas fait pour me plaire, car à cette époque j’étais un catholique libéral.
Cette même année, une flambée de violence politique ravagea la Colombie. Elle avait été déclenchée par l’assassinat, à Bogotá, d’un chef populaire du parti libéral, Jorge Eliécer Gaitán. Pendant des années, la nation a été au bord de la guerre civile. Ces effusions de sang entre catholiques conservateurs, soutenus par le clergé et catholiques libéraux, me laissaient perplexe. J’étais déçu par l’Église.
Mon oncle servait dans la police au moment où la violence était à son paroxysme. Préoccupé par ces tueries entre catholiques, il demanda à un prêtre d’Armenia si elles ne constituaient pas de graves péchés. Le prêtre le rassura. S’il craignait d’employer ses armes à feu, lui les bénirait et ainsi tout irait bien. Le prêtre lui rappela également que Pierre essaya de défendre le Christ en tirant son épée et en coupant l’oreille de Malchus, le serviteur du grand prêtre (Jean 18:10, 11). “De la même manière, dit encore le prêtre, l’Église doit défendre la foi catholique, même si cela signifie détruire les ennemis dans le ventre de leurs mères.” Cela me détacha plus encore de l’Église.
J’ai donc poursuivi mes recherches bibliques avec les évangéliques et, en 1949, j’ai été baptisé par eux. L’année suivante, j’ai été nommé pasteur à Pereira et on m’a confié la direction du groupe évangélique d’Armenia, ma ville natale.
Ma vie en tant qu’évangélique
Le groupe évangélique avec lequel j’ai d’abord été associé avait été fondé par un Américain. En 1930, avant de retourner aux États-Unis, il avait vendu non seulement l’église, mais le mouvement religieux lui-même. Estimant immoral qu’une congrégation soit vendue comme des animaux privés de raison, deux des membres fondèrent alors un mouvement dissident qu’ils appelèrent “Église apostolique fondamentaliste de Colombie”. Selon les statuts de cette Église, ses ministres ne devaient recevoir aucun salaire. Les fondateurs pensaient à la déclaration de Jésus concernant ‘l’homme à gages qui n’a pas souci des brebis’. — Jean 10:11-15.
Quelque trente ans plus tard, le fondateur du mouvement originel revint en Colombie. Fortement impressionné par les progrès du groupe dissident, il demanda à s’y associer et, apparemment, il adhéra aux statuts. Cependant, au bout d’un an ou deux, certains d’entre nous remarquèrent que de nombreux pasteurs n’avaient plus de travail profane ; l’Américain les payait en secret. Accusé d’avoir violé nos statuts, ce dernier proposa de soumettre la question au vote. La majorité des pasteurs préféra évidemment rester avec l’Américain.
J’étais découragé par l’attitude de la plupart de mes collègues qui prêchaient pour un salaire. Je savais en effet que la Parole divine devait être prêchée gratuitement (Mat. 10:8). C’est pourquoi, malgré mes qualifications en dactyloscopie et en comptabilité, j’avais refusé des offres d’emploi intéressantes pour pouvoir devenir pasteur. J’étais aussi découragé et troublé par la discorde et les rivalités qui régnaient entre les pasteurs, sans parler des différences qui divisaient les évangéliques en tant de sectes.
Puis, en 1954, pour des raisons pécuniaires, je suis allé habiter Bogotá et je n’ai repris mon activité de pasteur qu’après avoir quitté cette ville en 1960. Néanmoins, je continuais à étudier la Bible et à comparer ses enseignements avec ceux de diverses Églises. Quand j’étais déçu par une Église, je passais à une autre.
J’ai d’abord assisté aux services d’un groupe pentecôtiste. À mon grand étonnement, l’officiant était une femme. Or je savais que d’après les Écritures la femme ne doit pas exercer l’autorité sur l’homme (I Tim. 2:11, 12). Quand j’ai soulevé la question, on m’a répondu que l’ancien pasteur avait abandonné la congrégation parce que ses exigences en matière de salaire n’avaient pas reçu satisfaction. On m’a proposé de servir en tant que pasteur. C’est pourquoi, un soir, j’ai rencontré les responsables du groupe afin de comparer leurs enseignements avec mes croyances.
Entre autres choses, ils prétendaient avoir reçu le don de guérison, de sorte qu’ils n’avaient besoin ni de médecin ni de médicaments. Il leur suffisait de prier pour être guéris de n’importe quelle maladie. Quand on vint à parler de la Cène, je leur ai demandé pourquoi chacun avait sa propre coupe. Ils reconnurent que Jésus et les apôtres s’étaient servis d’une seule et même coupe. Cependant, ajoutèrent-ils, à cette époque, les risques de contagion n’étaient pas aussi grands que maintenant. “Mais alors, me suis-je exclamé, n’avez-vous pas foi en votre pouvoir de guérison, si vous craignez tant d’employer une coupe commune, comme l’ont fait le Seigneur et ses apôtres ?” Cela mit fin brusquement à notre réunion, à trois heures du matin.
Quelques jours plus tard je suis retourné à cette église, mais la femme qui présidait n’était pas là. Le matin elle était tombée malade et on l’avait emmenée à l’hôpital. J’ai eu ainsi confirmation qu’ils n’avaient pas le don de guérison.
Après cela, je me suis joint à une autre organisation religieuse à tendance pentecôtiste. Lors d’une campagne de renouveau religieux organisée au Champ de foire de Bogotá, on avait prévu une séance de guérison pour le dernier jour. Cédant aux instances d’un ami, et à ma propre curiosité, j’y suis allé.
On conduisit un vieillard aveugle sur l’estrade. Il se mit à genoux et des hommes et des femmes commencèrent à prier sur lui, demandant que soit chassé l’esprit de cécité et que l’homme recouvre la vue. Au bout d’un moment, on demanda à l’aveugle s’il voyait. Il hocha la tête négativement.
On invita l’assistance à se lever et à se joindre à la prière. Comme j’étais plutôt sceptique, je suis resté assis. L’ayant remarqué, les responsables m’accusèrent d’être le coupable. À cause de mon manque de foi, disaient-ils, ils n’avaient pas pu accomplir le miracle. Après m’avoir invité à participer, inutilement d’ailleurs, ils prièrent de nouveau sur l’aveugle, mais sans plus de résultat. Cette fois encore ils incriminèrent “l’incroyant” qui était parmi eux.
Peu après, j’ai fait remarquer aux pasteurs que la présence d’incroyants n’empêchait pas Jésus d’opérer des miracles (Mat. 8:16 ; Jean 9:1-7, 35-39). Au contraire, les miracles qu’il faisait avaient souvent pour but de convaincre les incroyants qu’il était bien envoyé par Dieu (Jean 10:37, 38, 42 ; 11:42-45). Si donc eux-mêmes guérissaient par la puissance de Dieu, ils devraient triompher de mon incrédulité et effectuer la guérison.
Mon contact avec les Témoins de Jéhovah
Il me faut vous parler maintenant d’un autre aspect de ma vie. Il concerne mes relations avec les Témoins de Jéhovah au cours des années.
Tout a commencé en 1952. En visite chez ma fiancée, j’ai remarqué un livre que son père venait d’acheter. Il avait pour titre “C’est ici la vie éternelle !”. Sachant que je m’intéressais à tout ce qui concernait la Bible, mon futur beau-père m’en fit cadeau. Un autre pasteur m’informa que ce livre était édité par les “Russellistes” ; ainsi appelait-il les Témoins de Jéhovah. “Cet ouvrage contient d’excellentes choses, me dit-il encore, mais aussi des erreurs, c’est pourquoi il est dangereux.” J’étais curieux de savoir quelles étaient ces erreurs. Plus j’étudiais ce livre, plus j’apprenais à connaître les Témoins de Jéhovah.
J’ai été ordonné pasteur en même temps qu’un ami, Fabio Rodas. Mais quelque temps après, il est devenu Témoin de Jéhovah. Plus tard, je l’ai revu et il m’a expliqué certains passages du livre que j’avais mal compris. Par la suite, chaque fois que nous nous rencontrions, il me donnait des publications des Témoins de Jéhovah.
Grâce à l’insistance de Fabio, j’ai finalement accepté d’étudier la Bible avec les Témoins de Jéhovah. Mais je refusais obstinément d’abandonner ma croyance en la trinité, ce “mystère” selon lequel Dieu n’est pas une seule personne, mais trois personnes en une seule. Ma conviction était basée presque entièrement sur un verset, I Jean 5:7. Invariablement, les Témoins me déclaraient qu’une partie de ce verset était apocryphe et non inspirée, et qu’elle avait été ajoutée aux Saintes Écritures. À mon avis, c’était un argument faible qu’ils utilisaient pour tromper les gens.
En 1956, à Bogotá, j’ai de nouveau rencontré Fabio et, sur son invitation, j’ai accepté d’aller à la Salle du Royaume des Témoins de Jéhovah. Là, on me présenta la famille Rivera avec laquelle je recommençai à étudier la Bible. De nouveau, je revins sur le sujet de la trinité. Calmement, quelqu’un alla chercher une Bible catholique espagnole Nácar-Colunga, l’ouvrit à I Jean 5:7 et me fit lire la note en bas de page. Je cite : “Ce verset qui, dans la Vulgate, se lit comme suit : ‘Ils sont trois qui témoignent dans le ciel : le Père, le Fils et le Saint Esprit, et les trois sont un’, ne se trouve pas dans les anciens manuscrits grecs, latins ou autres, et est inconnu des Pères. Il semble avoir une origine espagnole et s’est formé peu à peu, par le moyen d’une exégèse [interprétation] du verset précédent. Ce n’est qu’au XIIIème siècle qu’il a pris la forme qu’il a aujourd’hui dans la Vulgate.”
En lisant cela, je me suis rendu compte que les Témoins de Jéhovah avaient raison d’affirmer que cette partie du verset n’avait pas sa place dans les Écritures inspirées. J’étais étonné d’apprendre que les évangéliques usaient de la même tromperie que les catholiques pour appuyer leur doctrine de la trinité.
À partir de ce moment, j’ai eu davantage confiance dans les Témoins de Jéhovah. Quand j’ai de nouveau servi comme pasteur, j’ai introduit leurs enseignements dans mes sermons. J’ai même collé dans ma Bible, comme source de matière, le “Résumé scriptural, sans commentaires, des principales doctrines”, qui est imprimé à la fin du livre “Équipé pour toute bonne œuvre”.
Cependant, je refusais de rompre mes liens avec les évangéliques. Pourquoi ? Principalement parce que je ne voulais pas déplaire à ma famille dont tous les membres étaient évangéliques et quelques-uns pasteurs, y compris mon père. J’avais aussi certains préjugés sans fondement contre les Témoins. De plus, je cherchais peut-être à esquiver une responsabilité qui devenait de plus en plus manifeste à mesure que j’étudiais avec les Témoins de Jéhovah.
Je quitte les évangéliques
Depuis que j’avais compris l’importance du nom du vrai Dieu, Jéhovah, je m’en servais constamment dans mes sermons. Aussi, se demandant jusqu’à quel point j’étais influencé par les Témoins, mes supérieurs me firent comparaître devant eux. Pour savoir s’ils pouvaient avoir confiance en moi, ils me demandèrent de donner un sermon qui dévoilerait les erreurs des Témoins de Jéhovah. Je ne pouvais faire cela sans trahir mes propres croyances ; je leur ai donc répondu : “À aucun prix je ne donnerai un tel sermon. Puisque ce que je prêche, et qui provient de la Bible, s’harmonise avec les enseignements des Témoins de Jéhovah, je deviendrai donc Témoin, moi aussi. ‘Choisissez pour vous aujourd’hui qui vous servirez (...). Mais quant à moi et à ma maisonnée, nous servirons Jéhovah.’” — Josué 24:15.
Pour rompre tout lien avec le mouvement évangélique, ma famille et moi avons quitté Pereira pour Cali. C’était vers la fin de 1967. Un dimanche après-midi, alors que je me dirigeais vers le centre de la ville en me demandant où je pourrais trouver les Témoins, j’ai vu dans l’autobus un homme de la poche duquel dépassait un numéro de La Tour de Garde. Je l’ai suivi. Il m’a conduit directement à la Salle du Royaume. Après la réunion, j’ai pris des dispositions pour qu’on étudie de nouveau la Bible avec moi.
Auparavant, j’avais étudié avec les Témoins jusqu’au sujet du baptême. Ils n’avaient pas voulu reconnaître comme valable mon baptême évangélique, bien que j’aie été baptisé ‘au nom du Père et du Fils et de l’esprit saint’. (Mat. 28:19.) Cette fois-ci, comme on abordait le sujet, j’ai demandé à José Patrocinio Hernández, le Témoin avec qui j’étudiais : “Pourquoi dois-je être baptisé de nouveau ?” Il me dit simplement : “Connaissiez-vous le nom du Père quand vous avez été baptisé ?” Puisque je ne le connaissais pas, il était évident que je n’avais pas été baptisé ‘en Son nom’.
À propos de mon baptême ‘au nom de l’esprit saint’, il me demanda : “L’organisation qui vous a baptisé donne-t-elle la preuve qu’elle a l’esprit de Dieu, en préservant la paix et l’unité ?” (Éph. 4:3). Je me suis alors souvenu que le ministre évangélique qui m’avait baptisé, Angel de Jesús Vélez, avait, deux semaines plus tard, formé une nouvelle secte dissidente. Comme “les disputes, les divisions, les sectes” ne sont pas “le fruit de l’esprit”, mais “les œuvres de la chair”, il était clair que l’organisation qui m’avait baptisé n’avait pas l’esprit de Dieu. — Gal. 5:19-23.
Enfin, le 10 mai 1969, mes deux enfants les plus âgés et moi avons reçu le baptême chrétien en symbole de notre offrande à Dieu. Ma femme et mes deux enfants plus jeunes ont été baptisés un peu plus tard.
Quand je pense au passé, je comprends mieux les sentiments de l’apôtre Paul, qui dit : “Autrefois, en effet, vous étiez ténèbres, mais à présent vous êtes lumière pour ce qui est du Seigneur. Continuez à marcher comme des enfants de lumière, car le fruit de la lumière consiste en (...) vérité.” (Éph. 5:8, 9). En effet, quand je faisais partie des systèmes religieux de la chrétienté, j’étais vraiment dans de profondes ténèbres. Maintenant, en tant qu’enfant de lumière, combien je suis reconnaissant de servir comme pasteur ou berger ordonné par Dieu et de produire le fruit de la lumière, c’est-à-dire la vérité !
JE ME souviens encore de ce jour du début des années 40, alors que j’avais cinq ans. Tous les enfants de ma ville natale du centre de la Suède étaient invités avec leurs parents à une fête organisée par l’école du dimanche. Les enfants devaient participer au programme de divertissements à caractère religieux. Puisque je jouais de l’accordéon, lorsque vint mon tour j’attaquai une valse populaire pour laquelle l’auditoire ne manifesta guère d’enthousiasme. Après la fête on me dit que c’était un péché de jouer un tel morceau et que je devrais avoir honte.
Pendant ma première enfance on me disait souvent que c’était un péché de faire telle ou telle chose, mais sans jamais m’expliquer pourquoi. C’est ainsi que mon cœur a commencé à se remplir non d’amour pour Dieu, mais d’une crainte aveugle. Cette crainte m’incitait à m’éloigner de la religion, malgré la place importante accordée à l’enseignement religieux dans le programme scolaire. Pendant mes premières années à l’école, le “cours de religion” consistait simplement à nous raconter ce que je prenais pour des récits d’événements imaginaires. Je trouvais intéressantes les histoires concernant les miracles de Jésus et de ses disciples, mais je n’ai jamais cru que ces miracles aient réellement eu lieu.
À l’âge de quatorze ans, je devais être “confirmé”. Ce fut mon premier contact étroit avec un pasteur de l’Église d’État. En ce qui le concerne, je me souviens seulement qu’il était très irritable et qu’il fumait des cigarettes sans arrêt. La préparation à la confirmation était plutôt une question de routine qu’une occasion d’affermir la foi en Dieu et dans la Bible. Le jour de la confirmation, j’étais bien plus ému à l’idée de posséder un nouveau costume et un appareil photographique qu’à celle que j’allais recevoir la sainte communion.
Je perds complètement la foi en Dieu
Les années que j’ai passées au lycée n’ont rien fait pour affermir ma foi en Dieu, au contraire. Les cours de religion y étaient donnés par un pasteur qui reconnaissait ouvertement ne pas croire à toute la Bible. Il n’acceptait pas le récit de la création notamment. Selon lui la Bible était l’œuvre des hommes et nous devions l’aborder avec un esprit critique, tout comme on lirait un autre livre. À mon avis, la théorie de l’évolution, qu’on nous enseignait aux cours de biologie, remplaçait avantageusement le récit biblique de la création. L’étude de l’histoire moderne m’apprit comment les nations dites chrétiennes avaient essayé de s’entre-détruire. Toutes mes études contribuaient donc à cultiver en moi une philosophie athée.
Les années qui suivirent ne firent qu’affermir cette attitude. Après avoir terminé mes études, je fus appelé sous les drapeaux. L’aumônier nous affirmait que la guerre était un mal nécessaire et que le soldat est un serviteur de Dieu. En effet, comme Jésus déclara que celui qui prend l’épée périra par l’épée, il faut des hommes pour manier cette épée destructrice. Il disait aussi que c’est Dieu qui a institué la guerre comme moyen de répandre la vraie religion. Je pensais : “Si c’est cela le christianisme, je peux très bien m’en passer !”
C’est ainsi que le petit garçon qui connut une déception à la fête de l’école du dimanche, devint un jeune homme persuadé que la religion est une supercherie et que la science moderne supprime le besoin de Dieu. Ma vie ressemblait à celle de nombreuses autres personnes et j’ai réagi de la même manière qu’elles : je levais le doigt vers le ciel et demandais : “Peut-il vraiment y avoir un Dieu tout-puissant et plein d’amour là-haut alors qu’il y a tant de méchanceté et de corruption ici-bas ?” Pour moi il n’y avait qu’une réponse possible à cette question : Il n’y a pas de Dieu !
Mon mariage et mon attitude à l’égard de la vie
Bien sûr, cette philosophie influençait mon mode de vie. J’ai épousé une jeune fille ayant à peu près les mêmes idées que moi. Nous nous disions : “Puisque la vie est si courte, pourquoi ne pas en profiter pleinement pendant que l’on est encore jeune et plein de force ?”
Nous ne prenions pas les liens du mariage très au sérieux. À notre avis la morale était une affaire personnelle. Bien que mariés, nous étions toujours libres, pensions-nous, de prendre nos plaisirs chacun de notre côté si nous en avions envie. Notre attitude envers la vie était entièrement matérialiste. Ma profession s’accordait bien avec cette attitude, car j’étais analyste dans un centre d’informatique à Stockholm. Notre tâche consistait à aider et à conseiller les grandes sociétés commerciales qui désiraient étendre leurs affaires.
Un visiteur inattendu
Un jour de 1963 la sonnette de notre porte retentit. Lorsque j’ouvris, un jeune homme bien mis se présenta gentiment comme ministre chrétien, témoin de Jéhovah, occupé à faire de brèves visites pour encourager la foi en Dieu. Ma première pensée fut : “Mon pauvre fanatique, vous vous êtes trompé d’adresse !” Cependant, quelque chose dans l’attitude de ce jeune homme m’empêchait de fermer la porte. Il n’avait pas l’air d’un fanatique, mais paraissait tout à fait normal, naturel et détendu. Je décidai de lui montrer au moins qu’il faisait fausse route.
Je le fis donc entrer et me mis à décharger sur lui toute mon indignation à l’égard de Dieu et de la religion. Ma femme écoutait notre conversation depuis la chambre à coucher. “Comment peut-on croire en Dieu ? lui demandai-je, alors que les recherches scientifiques et la logique militent contre son existence ?” J’ajoutai que j’avais constaté qu’en général la foi est le recours des désespérés, ou bien elle est hypocrite et irraisonnée. Je déclarai aussi que le christianisme avait certainement échoué, car pas plus que le paganisme il n’avait pu mettre fin à la corruption, à la violence et aux guerres.
Je continuai ainsi pendant un certain temps. Quand finalement j’arrêtai ma tirade, pensant qu’il en avait assez et qu’il serait content de partir en me jugeant “perdu sans espoir”, il opina calmement de la tête. Il me répondit qu’il comprenait bien mon point de vue, que beaucoup de gens partagent d’ailleurs à l’heure actuelle. Cette réponse me coupa l’herbe sous les pieds, car je compris qu’il avait déjà entendu ce genre de raisonnement. C’est pourquoi, avec un mélange de curiosité et de scepticisme, je l’écoutai.
La chrétienté et le christianisme sont deux choses distinctes
Il déclara qu’avant de former un jugement il convient de distinguer entre le vrai culte et le faux. Il ajouta que même si la prétendue chrétienté s’est révélée fausse et peu digne de confiance, cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas un christianisme véritable et digne de foi. “Il y a une grande différence entre la chrétienté et le vrai christianisme, dit-il, et on ne peut condamner celui-ci à cause des actes et des paroles de celle-là.”
Soulignant cette différence, il déclara : “Il est vrai que la chrétienté a opprimé les peuples, mais on ne peut en dire autant du christianisme. La chrétienté, mais non pas le christianisme, a fomenté des guerres. La chrétienté n’a pas réussi à endiguer la dégradation des mœurs, mais le vrai christianisme est resté pur. La Bible ne soutient pas la chrétienté, au contraire elle la condamne dans ses prophéties.
“Réfléchissez un instant à l’hypocrisie de la chrétienté pour ce qui est du Notre Père, poursuivit-il. Tout en disant ‘Notre Père qui es aux cieux’, elle ne pratique pas la fraternité raciale. Elle demande que le nom de Dieu soit sanctifié, mais elle ne reconnaît même pas que Dieu possède un nom. Elle prie pour que son Royaume vienne, mais donne tout son appui aux royaumes de ce monde. Elle demande que la volonté de Dieu soit faite sur la terre comme au ciel, mais elle cherche à poursuivre sa propre politique temporelle. Elle prie pour avoir le pain quotidien, mais elle n’est pas disposée à partager son abondance de ‘pain’ avec les affamés. Elle demande à Dieu de lui pardonner ses offenses, mais elle se montre peu encline à pardonner et à oublier les offenses d’autrui.”
J’ai remarqué tout de suite que ce jeune homme n’essayait pas d’excuser les fautes de la religion. Il ne fermait pas les yeux sur les faits et ne les dénaturait pas comme d’autres croyants avec qui j’avais discuté. J’ai dû convenir honnêtement qu’il avait raison, car ses propos s’accordaient avec mes propres constatations. Bien sûr, je n’allais pas devenir croyant pour autant. En effet, l’échec de la chrétienté ne prouve aucunement l’existence de Dieu. C’est pourquoi je lui demandai : “Mais comment l’homme moderne peut-il croire en Dieu alors que les recherches scientifiques et la logique ne peuvent prouver son existence ?”
“J’aimerais répondre à votre question la semaine prochaine”, dit le jeune homme.
Sa deuxième visite
J’avais presque oublié sa visite quand il revint. Ma femme se retira de nouveau dans la chambre d’où elle écouta notre discussion. Dès le début, j’affirmai croire à la théorie de l’évolution, appuyée, du moins je le croyais, par tous les hommes de science. Je me rendis compte que mon interlocuteur avait approfondi cette question, car il répondit qu’il convient de faire certaines distinctions en ce qui concerne la science.
“D’abord, dit-il, il y a la science qui découvre, observe et décrit des faits dans la nature. Or, cette science n’est nullement incompatible avec la croyance en un Dieu créateur. Ensuite, il y a la soi-disant science qui essaie d’expliquer l’origine de l’univers au moyen d’interprétations arbitraires, d’hypothèses et de théories. Une telle science nie généralement l’existence d’un Architecte divin. Le vrai chrétien croit à la science exacte qui découvre, observe et décrit les faits, mais il ne peut accepter aveuglément une hypothèse ou une théorie, encore moins édifier là-dessus sa conception de la vie.”
Je devais admettre que je n’avais pas envisagé l’évolutionnisme comme une simple théorie, et pourtant c’est ce qu’elle est. Je pensais néanmoins qu’il s’agissait d’une théorie très plausible et je le dis à mon interlocuteur.
Le hasard ou la création
Le témoin de Jéhovah me fit reconnaître alors que si nous refusons d’admettre l’existence d’un Créateur intelligent, il ne reste que le hasard pour expliquer la création. “Quelles sont les probabilités que le hasard soit responsable de l’apparition de l’univers et de l’homme ?”, me demanda-t-il.
“On pourrait résoudre ce problème par ce qu’on appelle le calcul des probabilités”, répondis-je en me sentant sur un terrain plus familier.
“Parfaitement ! Prenons donc un exemple du calcul des probabilités”, dit le témoin en sortant un périodique de sa serviette. Il me lut alors ce passage : “Un autre savant a procédé au calcul des probabilités en ce qui concerne la formation d’une seule molécule de protéine (une des molécules nécessaires à la vie) par l’action du hasard. Le livre L’homme et sa destinée affirme que le temps nécessaire pour former une telle molécule serait de 10243 [1 suivi de 243 zéros] milliards d’années. Puisque les hommes de science estiment que le globe terrestre a seulement quelques milliards d’années d’existence, ce temps est bien trop court pour avoir permis la formation de la molécule de protéine.”
Il attendit quelques instants pour me permettre de bien assimiler cette vérité stupéfiante, puis il reprit sa lecture : “Le même auteur poursuit : ‘Une molécule n’est d’aucune utilité ; des centaines de millions de molécules identiques sont nécessaires. (...) Si la probabilité de l’apparition d’une cellule vivante pouvait être exprimée mathématiquement, les chiffres précédents sembleraient négligeables.’”
“S’il en est ainsi, dis-je, comment expliquer le fait que tant d’hommes de science croient à l’évolutionnisme ?”
“Vous avez raison de dire qu’ils y croient, car ils ne peuvent le prouver”, répondit-il.
“Mais leur foi doit être mieux fondée que votre foi en Dieu.”
“Supposons que le savant le plus habile du monde puisse manier les molécules comme un maçon manie des briques et qu’il dispose d’un tas de molécules de protéine. Pensez-vous qu’il serait capable de construire une cellule formée de plusieurs centaines de millions de ces molécules ? Pourrait-il doter cette cellule de la faculté de vivre, de croître, de se reproduire et de léguer à ses descendants ses propres caractéristiques, et seulement celles-là ? Vous savez que c’est là chose inconcevable.
“Cependant, les athées croient qu’un exploit qui dépasse les possibilités de l’intelligence humaine la plus remarquable, s’est produit grâce au hasard. Une telle foi a-t-elle un fondement solide ? On est forcé d’en conclure que ceux qui la possèdent doivent avoir un désir immodéré de croire ce qu’il leur plaît de croire, et qu’ils rejettent tout ce qui ne leur convient pas.”
Quand le jeune témoin me quitta ce soir-là, je ne savais pas quelle position prendre lors de la prochaine discussion. Il me laissa le numéro Réveillez-vous ! (8 octobre 1963) qu’il avait cité, et je décidai de le lire afin d’y trouver d’éventuelles failles. En le lisant toutefois, j’étais de plus en plus frappé par les arguments logiques qu’il présentait et qui m’obligeaient à réfléchir profondément.
L’homme possède un organisme merveilleux
Nos entretiens se poursuivirent semaine après semaine. Je me souviens encore du jour où nous avons parlé du merveilleux corps humain fait de milliards de cellules disposées de telle manière que tous les organes fonctionnent de façon harmonieuse. Nous avons parlé aussi de la faculté de l’homme d’aimer, d’éprouver de la joie, de penser, d’apprendre, de se souvenir, de se reproduire et d’exprimer ses sentiments et ses pensées les plus intimes au moyen de la parole écrite ou parlée, de sourires, de larmes, de musique, de chansons, d’actions spontanées ou réfléchies, autant de prodiges.
Cet entretien m’a surtout aidé à comprendre qu’il existe un abîme immense entre la vie inconsciente et la vie consciente, sans parler de celui qui sépare la molécule de protéine de l’homme. Tout ce que j’ai appris a fini par créer en moi le désir de connaître quelqu’un que je puisse admirer et remercier de ces merveilles, quelqu’un de plus élevé que la création qui nous entoure.
Un changement de vie
Au bout d’un certain temps, je consentis à étudier la Bible avec l’aide du témoin. Cette étude me fournit d’autres preuves de l’existence de Dieu. L’exactitude historique de la Bible, son harmonie, son style élevé, la réalisation de ses prophéties ainsi que le dessein de Dieu à l’égard de l’humanité et de la terre, — toutes ces choses ont fait sur moi une impression profonde.
Ma femme, qui avait si souvent écouté nos discussions depuis la chambre à coucher, ne tarda pas à se joindre à nous pour étudier la Bible. Quelques mois plus tard, nous avons commencé à assister aux réunions tenues dans la Salle du Royaume des témoins de Jéhovah. Le jour vint où nous avons assisté à l’une de leurs assemblées. Nous avons constaté alors qu’ils forment une grande famille de chrétiens de nationalités, d’âges, de professions et de rangs sociaux différents, mais exempte de dissensions et de conflits. Grâce à la foi et à l’activité qu’ils partagent, ils jouissent d’une unité que nous n’aurions jamais cru possible.
La vie commença à revêtir pour nous une nouvelle signification, à avoir bien plus de valeur à nos yeux. Un avenir merveilleux s’offrait à nous. Après avoir acquis la foi, nous nous sommes rendu compte que nous dépendons de Dieu, que nous ne pouvons vivre indépendamment de lui. Il nous a donc fallu opérer des changements dans notre mode de vie, changements qui nous ont apporté de grands bienfaits toutefois. La pureté mentale nous a aidés à devenir purs sur le plan physique. Notre mariage est plus stable et nous en comprenons toute l’importance. Nous avons une entière confiance l’un dans l’autre et nous sommes mieux équipés pour élever notre jeune fils. À présent que nous avons renouvelé notre esprit et voué notre vie à Dieu, nous sommes conscients qu’il est une Personne très proche de nous.
Il ne s’agit aucunement d’une conception sentimentale née d’une foi de désespéré, une foi hypocrite et irraisonnée, mais d’une réalité édifiée sur une foi équilibrée, sincère et bien fondée. C’est pourquoi aujourd’hui je peux dire : “J’étais athée, mais je ne le serai jamais plus.”
"Les Cieux racontent la gloire de Dieu, et l'Étendue manifeste l'oeuvre de ses mains." - Psaume 19:1
"A qui me comparerez-vous, pour que je lui ressemble? Dit le Saint. Levez vos yeux en haut, et regardez! Qui a créé ces choses? Qui fait marcher en ordre leur armée? Il les appelle toutes par leur nom; Par son grand pouvoir et par sa force puissante, Il n'en est pas une qui fasse défaut." - Isaïe 40:25, 26
"Louez l'Éternel, car il est bon, Car sa miséricorde dure à toujours!
Louez le Dieu des dieux, Car sa miséricorde dure à toujours!
Louez le Seigneur des seigneurs, Car sa miséricorde dure à toujours!
Celui qui seul fait de grands prodiges, Car sa miséricorde dure à toujours! Celui qui a fait les cieux avec intelligence, Car sa miséricorde dure à toujours!" - Psaume 136:1-5
"Yahweh, notre Seigneur, que ton nom est glorieux sur toute la terre Toi qui as revétu les cieux de ta majesté...
...Quand je contemple tes Cieux, ouvrage de tes doigts, la Lune et les étoiles que tu as créées, je m'écrie: 'Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui, et le fils de l'homme, pour que tu en prennes soin?' " - Psaume 8:1,3 et 4
LA PATIENTE était assise en face de moi. Entre nous, sur la table, un plateau ordinaire supportait trois bougies allumées. En dessous du plateau, j’avais placé une grande feuille de papier blanc sur laquelle étaient inscrites trois lettres en regard des trois bougies. La première bougie représentait la patiente elle-même ; elle correspondait à l’initiale de son nom. La deuxième représentait sa famille. La troisième, ses intérêts extérieurs. Pendant que j’écoutais son récit, j’observais attentivement la couleur de la flamme de chaque bougie, la fumée, la mèche, si elle s’inclinait à gauche ou à droite, et la cire qui s’écoulait.
Cette femme était malade depuis un an. Une de ses jambes était fort enflée et, malgré les soins d’un médecin, elle n’allait pas mieux. Aussi était-elle venue me trouver.
Après avoir bien observé les signes dans les bougies, et appelé l’esprit, j’ai touché la jambe malade en disant : “Au nom des trois personnes de la sainte Trinité, soyez guérie.” Ensuite, j’ai prescrit à la malade quelques potions faites avec des plantes et je lui ai recommandé de prier la sainte Trinité en brûlant des bougies chez elle à certains jours que je lui indiquais.
Autrefois, ces séances étaient courantes dans ma maison. Les gens venaient me trouver, de tous les coins de la Guadeloupe, pour m’exposer leurs problèmes particuliers. Certains étaient physiquement malades, mais d’autres voulaient que je m’occupe de leurs affaires. Tel homme cherchait du travail, tel autre, une bonne épouse. Ou bien une femme avait des ennuis conjugaux. D’autres encore, convaincus que leurs ennemis leur avaient jeté un sort, recherchaient la protection.
Aussi, depuis près de vingt ans, j’étais un guérisseur, convaincu que Dieu m’avait donné ce pouvoir. Mais maintenant personne ne vient plus chez moi chercher ce genre d’aide. Vous vous demandez pourquoi je ne suis plus guérisseur. Eh bien, je vais vous le raconter.
Ma formation religieuse
Je suis né à la Guadeloupe, dans un petit village de pêcheurs situé sur la côte atlantique. Mes parents étaient d’humbles paysans d’origine indienne. Bien que catholiques pratiquants sincères, ils n’avaient pas abandonné le culte que leurs ancêtres avaient emporté avec eux de l’Inde.
Près de la maison s’élevait une perche de bambou de dix mètres de hauteur, au sommet de laquelle était attaché un morceau d’étoffe rouge en l’honneur de la divinité “Maliemin”. Tôt le matin et pendant plusieurs heures, on battait le tambour pour attirer l’attention de Maliemin et l’informer qu’on préparait les sacrifices. Mon père allumait des bougies, offrait d’abord des prières, puis les sacrifices qui consistaient en aliments comme du riz au lait, des noix de coco et des bananes. Parfois on offrait un chevreau et, jusqu’à l’âge de vingt ans, je tenais la corde pendant qu’on égorgeait l’animal. Un feu de branches sèches dégageait de la fumée qui montait vers la divinité. Ensuite, on servait les aliments aux femmes et aux enfants parce qu’on les considérait comme sacrés, les femmes pour leur fécondité, les enfants pour leur innocence.
Bien que toute ma famille pratiquât le culte de Maliemin, elle assistait néanmoins à la messe, car le prêtre ne voyait rien de mal dans l’adoration de ce dieu. Quant à moi, à ma naissance, j’ai été baptisé comme catholique. On m’a enseigné le catéchisme, j’ai fait ma communion, j’ai été confirmé et je me suis marié selon le rite catholique. De son côté, Maliemin ne m’a jamais empêché de pratiquer le culte catholique.
J’ai toujours aimé lire et, quand j’ai eu quatorze ans, mon oncle m’a donné un petit missel catholique. Plus tard, j’ai demandé au prêtre un exemplaire des Évangiles. Un jour que je lisais l’Évangile de Marc, je suis tombé sur ce passage : “En faisant usage de mon nom, ils expulseront des démons, ils parleront en langues, et ils prendront des serpents dans leurs mains, et s’ils boivent quelque chose de mortel, cela ne leur fera aucun mal. Ils poseront les mains sur les malades, et ceux-ci retrouveront la santé.” (Marc 16:17, 18). À ce moment-là, je ne savais pas que ces versets, qui se trouvent à la fin de l’Évangile selon Marc (versets 9 à 20), étaient apocryphes, car ils n’existent pas dans les plus anciens manuscrits des Écritures grecques chrétiennes. Je lisais aussi beaucoup de livres traitant d’astrologie et d’horoscopes. De plus, j’avais des amis médiums.
Bientôt, je fus convaincu que moi aussi je pouvais guérir les malades et résoudre les problèmes des gens. Je me suis mis à fabriquer des fétiches qui devaient porter bonheur. Quand j’invoquais les trois personnes de la Trinité par le moyen des trois bougies, mon corps était secoué de tremblements. Alors, je sentais que j’étais en contact avec mon dieu et que je pouvais aider les gens qui avaient des difficultés.
Cependant, je lisais dans l’Évangile que Jésus guérissait instantanément les malades, les infirmes et les paralytiques. Quant à moi, je ne pouvais le faire. Il me fallait plusieurs jours et parfois plusieurs séances par jour. Aussi je me demandais si je pourrais jamais imiter Jésus.
C’est à ce moment qu’un grand malheur m’est arrivé. Mon jeune fils est tombé malade. J’ai tout essayé pour le guérir, mais sans résultat. “La sainte Trinité” ne fit rien pour moi. Plusieurs médecins ont soigné mon fils pendant trois ans, mais finalement il est mort à l’âge de douze ans. Ce fut pour moi un choc terrible. Je me demandais : “Pourquoi Dieu est-il injuste envers moi ? J’ai peut-être fait quelque chose de mal. Si je peux guérir d’autres personnes, pourquoi n’ai-je pu guérir mon fils ?”
J’apprends la vérité qui rend libre
J’ai poursuivi mon œuvre de guérisseur, mais avec moins d’enthousiasme, jusqu’en 1969. Un grand changement est alors survenu dans ma vie. J’ai acheté une Bible à un adventiste et j’ai assisté à plusieurs réunions au temple des Adventistes du septième jour. Mais je n’ai pas continué. Je suis resté attaché au culte catholique, tout en me consacrant à mon œuvre de guérisseur.
Puis, un jour, un Témoin de Jéhovah m’a laissé un livre intitulé “Choses dans lesquelles il est impossible à Dieu de mentir”, livre que j’ai lu immédiatement. Je n’ai pas tout compris, mais je me suis néanmoins rendu compte que les adventistes étaient dans l’erreur. Peu après, j’ai commencé à étudier la Bible sérieusement avec l’aide d’un Témoin de Jéhovah et grâce au manuel La vérité qui conduit à la vie éternelle. Le Témoin me connaissait et savait ce que je pratiquais. Aussi m’expliqua-t-il avec beaucoup de tact pourquoi les dons miraculeux que possédaient les chrétiens du premier siècle devaient cesser quand l’assemblée chrétienne serait arrivée à maturité. Comme preuve, il me montra le chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens, où Paul dit : “Qu’il y ait des dons de prophétie, ils seront abolis ; qu’il y ait des langues, elles cesseront ; (...) quand arrivera ce qui est complet, ce qui est partiel sera aboli.” (I Cor. 13:8-10). Le Témoin m’enseigna également qu’un “miracle” ne vient pas nécessairement du vrai Dieu. Il me demanda de lire cette déclaration de Jésus contenue dans Matthieu 7:21-23: “Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : ‘Seigneur, Seigneur’ qui entreront dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Beaucoup me diront en ce jour-là : ‘Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom, et expulsé des démons en ton nom, et fait de nombreuses œuvres de puissance en ton nom ?’ Et pourtant à eux je confesserai alors : Je ne vous ai jamais connus ! Éloignez-vous de moi, vous qui agissez en hommes qui méprisent la loi.”
Tandis que l’étude progressait, je comprenais mieux la différence entre les guérisons que j’accomplissais et celles qu’opérait Jésus Christ. Je me sentais vraiment honteux à la pensée que je gagnais de l’argent en prétendant guérir les gens, alors que Jésus avait dit à ses fidèles disciples : “Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.” — Mat. 10:8.
Vous imaginez mon étonnement quand on attira mon attention sur Deutéronome 18:10-14, où il est écrit : “On ne devra trouver chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui emploie la divination, ni magicien, ni quelqu’un qui cherche des présages, ni sorcier, ni celui qui ensorcelle autrui par un sortilège, ni quelqu’un qui consulte un médium, ni individu faisant métier de prédire les événements, ni quelqu’un qui interroge les morts. Car quiconque fait ces choses est quelque chose de détestable pour Jéhovah, et c’est à cause de ces choses détestables que Jéhovah, ton Dieu, les expulse de devant toi. Tu devras te montrer sans défaut vis-à-vis de Jéhovah, ton Dieu. Car ces nations que tu dépossèdes écoutaient les magiciens et les devins ; mais quant à toi, Jéhovah, ton Dieu, ne t’a rien donné de semblable.”
J’étais vraiment ébranlé et j’ai décidé sur-le-champ de renoncer à ces pratiques. Je comprenais que j’avais servi le Diable et ses démons en pratiquant l’astrologie et la magie, et en demandant l’aide d’une prétendue “sainte Trinité”, car celle-ci est un vestige de l’ancienne religion babylonienne.
Après cela, je n’ai pu dormir pendant plusieurs nuits. J’avais aussi de terribles cauchemars au cours desquels des malades m’imploraient de les guérir. Parfois j’entendais des bruits terrifiants, comme si des pierres tombaient sur le toit, ou bien je sentais quelqu’un qui me touchait. Dans ma frayeur, je suppliais Jéhovah de me secourir, car je me rendais compte que j’étais la cible d’attaques démoniaques. J’ai souffert ainsi pendant tout un mois. En fait, j’ai commencé à aller mieux après avoir suivi le conseil d’un Témoin de Jéhovah qui me pressait de brûler mes livres d’astrologie et de magie, comme l’ont fait les gens d’Éphèse au temps des apôtres. — Actes 19:17-20.
Deux mois après avoir commencé mon étude de la Bible, j’assistais aux réunions qui se tiennent à la Salle du Royaume des Témoins de Jéhovah. Après neuf mois d’étude, j’ai voué ma vie à Jéhovah et symbolisé cette offrande par le baptême ; c’était en 1970. Le prétendu guérisseur que j’étais a lui-même été guéri. La vérité m’a libéré alors que j’étais esclave des démons et de leurs mensonges (Jean 8:32). D’après mon expérience personnelle, je sais qu’on peut accomplir toutes sortes de signes et de prodiges par la puissance des démons, comme le démontre l’apôtre Paul dans II Corinthiens 11:14, où nous lisons : “Satan lui-même se transforme continuellement en ange de lumière.” Je remercie Jéhovah, qui m’a appelé des ténèbres à sa merveilleuse lumière et qui m’a délivré des pièges du Diable. — I Pierre 2:9.
Quand mes anciens malades venaient me trouver, je leur disais : “Je ne travaille plus pour le Diable et ses démons. J’ai brûlé tous mes livres. Maintenant, si vous le désirez, je peux vous aider à connaître le vrai Dieu et je vous montrerai, d’après la Bible, comment il donnera aux hommes une santé parfaite.”
Voilà pourquoi les gens ne viennent plus chez moi pour être guéris. Au contraire, c’est moi qui vais chez eux. Autrefois je voulais, mais en vain, imiter les guérisons instantanées opérées par Jésus Christ. À présent je suis devenu un imitateur de Jésus d’une autre façon : en prêchant de lieu en lieu la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Parfois les gens me demandent : “Mais, n’êtes-vous pas cet homme qui guérissait les malades...?” Alors je leur montre que Dieu a promis de soulager tous les maux dans le nouveau système de choses qui sera parfait. Nous lisons en effet dans Révélation 21:4: “Et il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; ni deuil, ni cri, ni douleur ne seront plus. Les choses anciennes ont disparu.”
Autrefois, je gardais mes secrets de magie pour moi-même. Je ne voulais pas que les gens sachent ce qui me rendait capable de les “guérir”. Maintenant, je suis convaincu d’avoir trouvé la vérité et je désire que chacun sache de quelle source je l’ai apprise. Je remercie Jéhovah de m’avoir fait connaître sa précieuse Parole et d’avoir le privilège de travailler à la guérison spirituelle de l’humanité. Cette guérison est bien plus avantageuse, puisqu’elle conduit à la vie éternelle dans le paradis terrestre où chacun jouira du bonheur et d’une santé parfaite.